En réduisant le nombre de vice-présidents et en changeant le mode d’élection des conseillers, le législateur s’attendait-il à ce que les assemblées deviennent plus politiques ? C’est en tout cas ce qui s’est produit à la CALL.

Avec seulement quinze postes de vice-présidents au lieu des vingt-trois dans la précédente mandature, on savait que les places seraient chères. D’où d’intenses tractations. Et au jeu du qui perd gagne, c’est une fois de plus le MRC de Jean-Marie Alexandre qui tire les marrons du feu. Alors que trois postes de vice-présidents lui étaient promis, il en récolte quatre. Le PS empoche les onze restants, les communistes sont bredouilles et ne décolèrent pas. Ils vont devoir expliquer à leur population comment leur commune n’a pas voix au chapitre au sein de l’exécutif, à l’exemple de la ville d’Avion, troisième ville de l’agglo, qui hérite d’un simple strapontin au bureau. Mais aux places, les communistes ont préféré leur liberté de parole (et de vote). Sans alliés, ils n’arriveront pas à influer sur les décisions de la majorité socialiste. Car l’état des forces est simple : le groupe PS Verts et assimilés représente 48 conseillers (dont quatre Verts) ; le MRC, 16 conseillers ; le PC 21 ; le FN 6. Restent les cinq non inscrits. Ce qui veut dire que le MRC assurera au PS une confortable majorité pour le budget. On comprend dès lors la très longue séance de mercredi (huit heures). Et encore, les derniers votes et le débat d’orientation budgétaire ont été reportés au 12 mai, à 15 h.

Des élus communistes qui se lèvent comme un seul homme et quittent la salle le temps de la fin de l’élection des vice-présidents, parce qu’ils savent qu’aucun des quinze postes ne leur reviendra.

Le PC a entamé un bras de fer avec le PS. Et pour le président du groupe, Bruno Troni, pas question de céder : « Le groupe socialiste a tenté de nous imposer ses conditions pour figurer dans l’exécutif. La principale concernait le budget. On nous demandait de ne pas voter contre durant les six ans ; au mieux de nous abstenir. Mais pour nous, il n’est pas question de signer un chèque en blanc à Sylvain Robert alors qu’on voit très bien arriver les augmentations des taxes d’enlèvement des ordures ménagères et additionnelle, les augmentations des impôts. Nous, nous voulons la suppression progressive de cette taxe d’ordures ménagères et la sortie des conventions publiques d’aménagement comme pour la rénovation du stade Bollært, tout ça pour quatre match de l’Euro 2016, le stade couvert de Liévin, le Louvre-Lens… »

Deuxième exigence inacceptable pour les communistes, la non-présentation d’un candidat face à Sylvain Robert pour la présidence : « Nous avons toujours présenté une candidature pour la défense de la pluralité de l’assemblée, sauf en 2001. En nous excluant de l’éxecutif, on met fin à l’unité, au rassemblement à gauche et en met de côté neuf communes de l’agglomération et plus de 68 000 habitants. »

L’élu de Liévin, Daniel Dernoncourt ne décolère pas non plus : « C’est ça la politique de changement ? On a l’impression qu’ils veulent règler des comptes ! C’est inadmissible, toujours des communistes ont eu des postes de vice-président. »

Le groupe a finalement regagné l’assemblée après l’élection des quinze vice-présidents, pour être sûr de décrocher, au moins, des postes au sein du bureau communautaire. Il était 20 h 30. Le conseil avait commencé cinq heures et demi plus tôt…

Dans le camp PS, Verts et apparentés, le président de groupe, François Lemaire, assume la fermeté. « Dès le lendemain du 2e tour des municipales, nous avons pris attache avec le PC, le MRC, les Verts pour leur proposer de travailler ensemble à l’union de la gauche et jeter les bases d’un contrat de confiance. Il était prévu que le PS ait huit vice-présidents, le PC quatre et le MRC trois. Mais nous avions deux conditions : que nos partenaires ne bloquent pas le vote du budget et qu’il y ait une candidature unique de la gauche. Puisque nous voulions que l’assemblée soit celle du rassemblement de la gauche. » Tout cela pour « porter un projet de territoire. Le groupe républicain a accepté, les Verts aussi. Le PC a refusé ». Malgré la position intangible du PS et les conséquences qui en découlent, François Lemaire en appelle toujours à l’union de la gauche. « Nous sommes toujours dans une logique de rassemblement et de renouvellement des pratiques politiques même si nous avons la même culture que nos prédécesseurs. Mais on ne pouvait pas avoir dans l’exécutif un groupe qui avait un pied dedans et un pied dehors. Ce n’est pas leur manquer de respect que de ne pas voter contre un budget. La composition du conseil a évolué. » Un message difficile à entendre pour le PC.

Source : La Voix du Nord

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