Hommage à René Debarge
#Harnes : Hommage à RENÉ DEBARGE
C’est avec une profonde émotion que nous rendons hommage à René DEBARGE, décédé le jeudi 27 septembre 2026, à l’âge de 97 ans.
Parler de René, c’est d’abord évoquer un homme au parcours remarquable.
Diplômé de Sciences politiques et de l’École centrale des mines, il avait acquis une solide formation et une culture qui lui permirent, tout au long de sa vie, de porter un regard éclairé sur les évolutions de notre société et de notre ville.
Son histoire personnelle fut aussi marquée par les événements tragiques de la Seconde Guerre mondiale. L’évacuation de sa famille et son départ vers la zone libre le conduisirent en Charente, où il fut chaleureusement accueilli. Cette terre d’accueil allait devenir pour lui une seconde région d’adoption, mais surtout le lieu où il rencontra celle qui deviendrait sa future épouse.
Mais René Debarge, c’était avant tout un militant communiste inlassable, un grand vétéran du Parti communiste français , auquel il resta fidèle pendant plus de 70 ans. Cette fidélité ne fut jamais un simple engagement de circonstance : elle fut une véritable ligne de conduite. René était également un fervent lecteur de L’Humanité, qu’il suivait avec la même attention et la même constance.
Dès les premières années de son adhésion, René rejoignit la nouvelle municipalité communiste fraîchement élue sous l’égide de Francis Rainguez. Il accéda naturellement aux fonctions de maire-adjoint, mettant ses connaissances, son expérience et sa vision au service de la construction du Harnes de demain.
Aux côtés de Francis Rainguez, puis d’André Bigotte, accompagné notamment de Pierre Jacquart, il participa à la création de la zone industrielle, devenue au fil des années un véritable fleuron de notre ville et de l’agglomération lensoise. Une réalisation dont nous pouvons encore mesurer aujourd’hui l’importance et que nombre de communes environnantes nous envient.
Mais c’est sans doute dans ses fonctions d’adjoint à la culture que René put exprimer avec le plus de force sa conception de l’émancipation humaine. Il avait parfaitement compris les besoins d’une ville moyenne issue de la tradition minière : permettre à chacune et chacun d’accéder à la culture, sous toutes ses formes, et faire de celle-ci un outil d’ouverture, de connaissance et de liberté.
Il fut ainsi l’un des bâtisseurs du centre culturel Jacques-Prévert, conçu à l’origine comme un véritable lieu de rassemblement de toutes les expressions culturelles dont notre ville avait besoin. Le voir ensuite réduit à la seule appellation de cinéma Jacques-Prévert ne doit pas faire oublier l’ambition qui avait présidé à sa création : offrir aux Harnésiens un espace culturel dans toute sa diversité.
Militant communiste actif durant toute sa vie, René était aussi profondément antifasciste et attaché aux valeurs de paix, de liberté et de justice. Il combattait avec la même conviction toutes les formes de haine, de racisme et de xénophobie, et notamment l’extrême droite.
Son engagement pour la mémoire fut tout aussi remarquable. René a beaucoup milité au sein des associations de déportés et d’internés de guerre. À ce titre, il participa notamment à la création du Musée national de la Résistance, convaincu que la transmission de l’Histoire était indispensable pour que les générations futures comprennent les sacrifices consentis pour défendre la liberté.
René était également un amoureux et un infatigable animateur de la vie associative locale. Il fut membre de nombreuses associations d’entraide, parmi lesquelles Les Amis Réunis et La Revanche du Drapeau, dont il demeura président d’honneur.
Il était aussi l’un des grands animateurs de la classe 50, les « Chauds Lapins », cette génération qui fut la dernière à connaître la guerre d’Algérie.
Une petite anecdote illustre aussi l’importance de la tradition associative et populaire dans la famille Debarge : son père, artiste peintre amateur, concevait les bannières des différentes classes de la ville. Une tradition qui témoigne de cet attachement profond à la vie collective et à la mémoire locale.
René fut également à l’origine de la création du comité de jumelage Harnes-Falkenstein, dont il était devenu président d’honneur. À travers ce jumelage, il défendait une idée simple mais essentielle : rapprocher les peuples, créer des liens d’amitié entre les citoyens et faire de la connaissance mutuelle un instrument de paix.
Il fut encore l’un des membres fondateurs du musée de la ville et des Amis du Vieil Harnes. Il apporta énormément à la conception des salles d’exposition, notamment celles consacrées à l’histoire minière et aux sacrifices consentis par la corporation pour contribuer à vaincre le joug nazi.
Car René était devenu, au fil des décennies, une véritable mémoire vivante de Harnes.
Une mémoire infaillible, nourrie par ses connaissances, ses rencontres, ses combats et son immense attachement à notre ville. Une mémoire reconnue par ses pairs, par les associations et par les très nombreux amis qu’il s’était fait au cours d’une existence particulièrement riche.
René était un homme de convictions. Un homme qui croyait profondément à la liberté, à la paix, à la solidarité et à l’émancipation. Il a toujours assumé et défendu loyalement ses idéaux et son engagement politique, malgré les critiques ou les attaques de certains détracteurs. Rien ne pouvait effacer ce qui fut l’essentiel de son existence : servir les autres, défendre ses convictions et rester fidèle à ses valeurs.
À 97 ans, René nous quitte, mais il laisse derrière lui une œuvre, des engagements, des réalisations et surtout une mémoire qui continuera de vivre à travers celles et ceux qui l’ont connu.
Il est toujours difficile de perdre un grand camarade. Il est plus difficile encore de perdre un ami.
À sa famille, à ses proches, à ses nombreux camarades et amis, nous adressons nos plus sincères condoléances.
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