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Il y a quatre-vingts ans jour pour jour, l’alliance de gauche dite Front populaire remportait le second tour des élections législatives. On chantait dans les rues…. Autres temps autres mœurs ! Aujourd’hui le peuple est dans la rue et le gouvernement socialiste reste sourd à sa détresse !

 

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 Le 3 mai 1936, le Front populaire remportait les élections législatives, lançant une vague de réformes sociales sans précédent dans le pays. Appuyé par le mouvement social et les combats de la classe ouvrière, le front populaire permet, par les accords de Matignon, la généralisation des conventions collectives, la reconnaissance de la liberté syndicale, l’encadrement du licenciement, l’augmentation générale des salaires ou encore la création des premiers congés payés qui ont peu à peu révolutionné l’accès aux loisirs et à la culture.

80 ans jour pour jour après cette victoire, le Gouvernement socialiste de Manuel Valls et François Hollande propose de revenir sur plusieurs de ces acquis via la loi travail dont l’étude commence aujourd’hui à l’assemblée.

80 ans après la victoire du Front Populaire, c’est la gauche au pouvoir qui propose au MEDEF et aux puissants de prendre leur revanche sur le monde du travail, cela est inadmissible !

Les avancées du Front populaire

Le succès électoral du 3 Mai 1936 a éveillé chez l’ensemble des travailleurs un immense espoir. Ainsi, un mouvement de grève et d’occupation d’usines se mit en place, gagnant toute la France. Près de deux millions de travailleurs débrayèrent, paralysant le pays. 

Le 7 juin 1936, les accords de Matignon furent signés par la CGT et le patronat, à l’initiative du gouvernement. Ces accords mettaient en place, entre autres, le droit syndical, et prévoyaient une hausse des salaires de plus de 7 à 15 % selon les branches professionnelles, soit environ 12 % en moyenne sur toute la France. Quelques jours plus tard, bien que ces mesures ne figurent pas dans le programme du Front populaire, par deux lois votées par le Parlement, les premiers congés payés (2 semaines) furent instaurés, et la semaine de travail passa de 48 à 40 heures. Pour les ouvriers et employés partant en vacances, Léo Lagrange créa des billets de train avec 40 % de réduction, qui existent toujours. Ces accords n’empêchèrent pas les grèves et les occupations de se poursuivre, souvent jusqu’en juillet 1936.

Le 29 juillet fut votée la retraite des mineurs et, le 28 août, une loi sur les allocations chômage. Une politique de nationalisations fut mise sur pied, dans l’industrie aéronautique, d’armement (7 août), puis dans les chemins de fer (naissance de la SNCF en 1937). La Banque de France ne fut pas nationalisée, mais la tutelle de l’État s’accrut et le droit de vote s’étendit à tous les actionnaires (il était jusqu’alors réservé aux 200 plus gros).

Le 28 août fut adopté un budget de 20 milliards de francs pour de grands travaux. Le gouvernement signe le 1er octobre un accord monétaire avec la Grande-Bretagne et les États-Unis pour fixer la valeur du franc dans une fourchette de 43 à 49 milligrames d’or contre 65,5 milligrammes auparavant.

Un Office national interprofessionnel du blé (actuel Office national interprofessionnel des grandes cultures) eut pour charge de soutenir les prix payés aux agriculteurs, très durement touchés par la crise. Georges Monnet, ministre de l’Agriculture, ne réussit pas à faire adopter la création d’autres offices pour les autres productions, devant les réticences du Sénat, mais l’Onib servit de modèle aux structures créées après la Libération, voire à celles mises en place par la Politique agricole commune (PAC). La politique d’électrification des communes rurales, très énergique dans les années 1920 sous Henri Queuille, fut reprise.

Une partie du programme du Front populaire touchait l’éducation et loisirs. La scolarité obligatoire fut portée dès 1936 à quatorze ans, les passerelles entre l’enseignement primaire et les lycées furent multipliées — dans le prolongement de l’œuvre entreprise par Édouard Herriot quelques années plus tôt — les collections des grands musées furent enrichies et leurs tarifs réduits pour les gens modestes. Le CNRS est une création du Front populaire. L’ENA fut créé en 1945 par Michel Debré sur un projet de Jean Zay, projet qui n’avait pas pu voir le jour à cause de la guerre.

« Notre but simple et humain, est de permettre aux masses de la jeunesse française de trouver dans la pratique des sports, la joie et la santé et de construire une organisation des loisirs telle que les travailleurs puissent trouver une détente et une récompense à leur dur labeur. » (Léo Lagrange, sous-secrétaire d’Étatà la jeunesse et aux loisirs, lors d’un discours radiodiffusé, le 10 juin 1936).

Le ministre Jean Zay est également porteur d’un projet de loi abolissant la propriété littéraire et artistique, faisant du droit d’auteur un droit inaliénable, et du contrat d’édition non pas un contrat de cession des droits, mais un contrat de concession temporaire à l’étendue extrêmement limitée. L’opposition des éditeurs (Bernard Grasset) et de la droite conservatrice (René Dommange) ralentit l’adoption du texte, qui ne sera jamais voté, la guerre interrompant les débats sur le sujet.

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