Hommage de la section PCF de HARNES
Funérailles d’Yvan DRUON

YVAN, notre Camarade, nous a quittés brutalement, à quelques jours de son soixante-quinzième anniversaire. Sa santé chancelante depuis plusieurs mois a eu raison de ce grand homme à la carrure d’athlète qu’on aurait pu croire indestructible.

Tu aurais pu vivre encore un peu,
Pour notre bonheur, pour notre lumière,
Avec ton sourire et tes yeux clairs
Ton esprit ouvert, ton air généreux.

Nous nous souviendrons bien sûr du maire qu’il fut pendant dix-sept années depuis qu’il avait succédé à André Bigotte dont il était l’adjoint.

Nous nous souviendrons aussi du conseiller général qu’il fut jusqu’en 2015, Vice-président en charge des politiques sociales et familiales, de la santé et de l’insertion sociale.

Nous nous souviendrons surtout de l’homme infatigable, du militant de notre parti qui avait fait du mot « Résistance » son credo.

On aura nos dimanches, On ira voir la mer,
Et nos frères de silence, Et la paix sur la terre,
Mais si la guerre éclate, sur nos idées trop belles,
Autant crever pour elles que ramper sans combattre.

A l’image des gens d’ici, « des hommes de la terre et de sous la terre », comme se plaisait à le dire son ami et premier adjoint Pierre Jacquart, il s’était forgé un caractère de travailleur infatigable et de résistant à l’injustice sociale.

Ecoute, ô mon cœur, écoute la harpe
Du vent de chez nous, du pays d’Artois
C’est un très vieux air des bords de la Scarpe
Qui chante aujourd’hui tout comme autrefois.
Devenu plus grand, c’est la terre
Terre d’Artois au sol fécond
Qui consola ma peine amère
Avec ce refrain vagabond.

Issu d’une famille modeste, il devint instituteur et par-là même particulièrement attaché à l’enfance et à la jeunesse.

Rappelez-vous, il avait fait écrire sur des stylos, la citation de Danton : « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple ».

Ces années aux commandes de la Ville, il les consacra pour beaucoup au bien-être des jeunes générations. Il lui fallait tout mettre en œuvre pour que les petits Harnésiens soient bien éduqués, bien dans leur peau, heureux en famille, à l’école, en vacances : tel était son credo indéfectible.

Plusieurs générations d’Harnésiens se souviendront sans nul doute des colos, des centres aérés, des voyages en Europe et remercieront Yvan.

D’autres se souviendront aussi qu’il contribua très activement à œuvrer pour l’emploi, à Harnes et dans le canton, en créant un organisme de formation, l’OFFIPEJ, en développant le port fluvial et la zone industrielle créée par ses prédécesseurs et maîtres à penser, Francis Rainguez et André Bigotte.

Cette zone vit le jour grâce à un accord entre la ville et les agriculteurs pour pallier la fermeture des houillères et créer de nombreux emplois. Et ce à une époque où ce genre d’initiative était particulièrement rare et, de plus, réalisée sur les propres deniers de la commune.

« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent », reprenait-il à Victor HUGO.

Bel investissement, poursuivi sans relâche par Yvan et qui permit à Harnes de réaliser de nombreux projets au profit des Harnésiennes et Harnésiens, et cela avec des taxes locales parmi les plus faibles de France.

Qui également ne se souviendra pas de ses « coups de gueule » devant les sous-préfets, préfets et autres inspecteurs d’académie pour venir à bout de son combat contre l’habitat insalubre et indigne, contre les expulsions ou les fermetures de classes, allant même et à de multiples reprises porter ces combats devant la Justice.

On aura du temps pour rire et s’aimer
Plus aucun enfant n’ira travailler
Y aura des écoles pour tout l’monde
Que des premières classes, plus d’secondes
C’est la fin de l’histoire, le rouge après le noir.

On se souviendra encore de ses batailles contre la condamnation de l’usine NOROXO, après la gestion délicate de l’épidémie de légionellose, de sa marche sur les routes enneigées lors du conflit de Métaleurop, ou de la mobilisation de la ville pour écrire en lettres immenses le mot « PAIX» sur le terril…

Nous ne voulons plus de guerre
Nous ne voulons plus de sang,
Halte aux armes nucléaires
Halte à la course au néant
Devant tous les peuples frères
Qui s’en porteront garants, déclarons la paix sur terre,
Unilatéralement
La force de la France elle est dans ses poètes
Qui taillent l’avenir au mois de mai des mots
Couvrez leurs yeux de cendre tranchez leur gorge ouverte
Vous n’étoufferez pas le chant du renouveau
Nous ne voulons plus la guerre.

Chacun se rappellera aussi ses combats en faveur de l’écologie à une époque où elle n’était pas à la mode, avec la création du lagunage au Bois de Florimond, une œuvre montrée en exemple internationalement.

Ce fut également la conception et la réalisation de cette grande rencontre annuelle « Des racines et des hommes » où chacun pouvait s’exprimer, depuis les invités de marque jusqu’au plus modeste acteur de la protection de l’environnement.

Et Yvan n’avait pas son égal pour motiver le personnel, les bénévoles des associations, les Harnésiens pour l’assister dans son désir de toujours améliorer la ville, de la mettre en valeur, pour le bien-être du plus grand nombre.

Mais sa plus grande qualité aura certainement été d’avoir fait de toute sa vie un combat contre l’injustice, contre la pauvreté tant physique que culturelle, contre l’aliénation des hommes.

Et pourtant, je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues,
Terre, terre, voici ses rades inconnues

Cet esprit de résistance, il nous l’a légué, offert en héritage.

Bien sûr, on dira que c’est des sottises,
Que mon utopie n’est plus de saison
Que d’autres ont chanté le temps des cerises
Mais qu’ils ont changé d’opinion
Moi si j’ai connu des années funestes
Et mes cerisiers des printemps pourris
Je n’ai pas voulu retourner ma veste
Ni me résigner comme un homme aigri
Ah qu’il vienne au moins le temps des cerises

Soyons à notre tour, de dignes gardiens de sa lutte contre l’intolérance, résistons à l’aveuglement qui mène aux amalgames, soyons acteurs au quotidien pour défendre l’éducation populaire si précieuse à nos yeux.

Merci camarade

C’est un joli nom, Camarade
C’est un joli nom, tu sais
Qui marie cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai
Pendant des années, Camarade
Pendant des années, tu sais
Avec ton seul nom comme aubade
Les lèvres s’épanouissaient
Camarade, Camarade

Adieu camarade

Repose en paix…

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